Te Tau o Mai – Fitzwilliam x Museum of Archaeology and Anthropology – UK

Tau o Mai — Réactiver les routes océaniques de Mai

Présentée au Fitzwilliam Museum en partenariat avec le Museum of Archaeology and Anthropology de Cambridge, Tau o Mai propose une lecture résolument océanienne de la figure de Mai. Curatée par le collectif SaVĀge K’lub, l’exposition rassemble objets ancestraux, créations contemporaines, performances et activations artistiques qui replacent Mai au cœur des réseaux de savoirs, de navigation et de relations qui traversent Moana Nui.

Pour cette occasion, Hinatea Colombani et Moeava Meder présentent Matari‘i, un tapa de quatre mètres réalisé à Tahiti à partir d’aute cultivé, récolté et battu à Papara. Installée face au célèbre portrait de Mai peint par Joshua Reynolds, l’œuvre agit comme une présence vivante, une réponse océanienne qui dialogue avec les collections du musée.

Inspiré des cycles de Matari‘i, marqueurs du temps et des saisons dans les sociétés polynésiennes, ce tapa évoque les savoirs célestes qui guidaient autrefois les grands navigateurs du Pacifique. Ses pigments naturels, ses motifs et sa verticalité rappellent que l’océan fut longtemps un espace de circulation, de connaissance et de connexion.

Autour de cette œuvre, les artistes déploient plusieurs cerfs-volants réalisés en tapa. Suspendus dans l’espace comme des présences flottantes, ils évoquent les vents qui relient les îles, les changements de saison et les cycles environnementaux observés par les anciens Polynésiens. Dans plusieurs archipels du Pacifique, les cerfs-volants étaient également associés à des pratiques rituelles, à l’affirmation du prestige et parfois aux périodes de conflit. Maîtriser le vent signifiait alors comprendre les forces invisibles qui gouvernent à la fois la navigation, le territoire et les relations humaines.

En introduisant ces formes aériennes au sein du musée, les artistes réinsufflent du mouvement dans l’archive. Le souffle entre dans la collection. Le ciel rejoint l’espace d’exposition. Ensemble, Matari‘i et les cerfs-volants réactivent la mémoire d’un homme qui n’était pas seulement un sujet de portrait, mais un navigateur polynésien porté par les étoiles, les courants et les vents de l’océan.

https://www.npg.org.uk/beyond/journeys-with-mai-project/jwm-cambridge