Activer le tapa
Lors de la Biennale Révélations au Grand Palais, Hinatea Colombani et Moeava Meder ont choisi de présenter leurs œuvres de tapa comme des matières vivantes plutôt que comme de simples objets exposés.
Au cours d’une activation performative, Hinatea applique sur la surface des étoffes une huile parfumée traditionnelle connue sous le nom de monoʻi. À l’aide de ses mains, elle trace lentement des motifs inspirés des savoirs et des symboles sacrés polynésiens. Peu à peu, l’huile imprègne les fibres, révélant des formes éphémères qui apparaissent avant de disparaître en séchant.
Ce geste rituel agit comme un souffle donné à l’œuvre. Le tapa se transforme, respire et change d’apparence sous les yeux du public. Entre parfum, matière et mouvement, l’activation rappelle que dans les cultures polynésiennes, les objets ne sont jamais totalement inertes : ils portent des mémoires, des présences et des relations avec le vivant. Le temps d’un instant, le tapa reprend vie.